LES SEPTS ÉTAPES VERS LA PAIX
L’accommodement réciproque proposé entre Israéliens et Palestiniens exigerait sept étapes, et la capacité de se soustraire à la rigidité d’une « camisole de force » intellectuelle. Certaines étapes seraient exécutées dans cet ordre l’une après l’autre, et d’autres simultanément selon le besoin et les opportunités.
Cette approche graduelle vers un arrangement accommodant les deux parties permettra aux Israéliens de ne pas être aussi stressés quant aux menaces à la sûreté du pays. Elle permettra aussi aux Palestiniens de ne pas avoir à passer leur vie à regarder derrière eux constamment, chaque minute du jour et de la nuit, craignant une attaque israélienne d’un genre ou d’un autre. Elle devrait de même donner aux deux parties une séparation physique et un peu d’espace pour pouvoir respirer aussi longtemps qu’il le faut, selon la situation. Quant à la paix, c’est-à-dire lorsque les parties entameront des pourparlers bilatéraux directs visant à établir une paix entre eux, plusieurs années pourraient s’écouler, et même une ou deux générations avant qu’on ne puisse évoquer ce mot magique. Néanmoins, cette approche graduelle permettra en fin de compte aux deux parties de dialoguer comme des partenaires civilisés, et non pas comme des troglodytes de la préhistoire.
Chacune des parties aura besoin d’un « avocat » pour le représenter. Au moment où ces lignes sont écrites, le seul avocat dans lequel les Israéliens pourraient au moins partiellement avoir confiance seraient les États-Unis. L’Angleterre, qui a été à l’origine du problème, pourrait être la mieux placée parmi tous pour jouer le rôle d’avocat pour les Palestiniens. Ces deux puissances sont celles qui ont été les plus présentes dans cette affaire, et elles jouissent du respect et de l’attention des deux parties. Les représentants respectifs de ces deux puissances devraient à tout prix ne pas être les mêmes personnes qui ont joué ce rôle auparavant, et qui semblaient disposées presque intentionnellement à saboter tout accord entre les deux adversaires.
Le plus difficile sera de choisir les représentants des Israéliens et des Palestiniens qui seront les partenaires dans ce processus. Les négotiations ainsi que les accords devront être menés de part et d’autre par des individus qui sont capables d’être politiquement balancés. Ces représentants doivent être choisis parmis les plus respectés, les plus qualifiés et les plus informés dans leurs pays respectifs, qui connaissent les origines du problème de chaque côté, qui croient en une solution équitable du conflit, et qui sont capables d’arriver à un réglement satisfaisant aux deux parties.
Tout accord devrait être négocié et conclu de part et d’autre par des personnes ayant une neutralité politique. Ces représentants, munis de pleins-pouvoirs, doivent être choisis parmi les citoyens les plus compétents de chaque nation comptant parmi les plus respectés et les plus qualifiés, qui connaissent parfaitement les problèmes des deux côtés, qui croient à la nécessité de mettre fin au conflit, et qui sont capables de trouver une solution accommodant les deux parties.
Les négociations pour trouver un accommodement entre les deux parties seront menées, et les accords garantis et appliqués par les Anglais et par les Américains, en consultation avec les deux parties représentées. Les gouvernements arabes, d’ailleurs incapables de résoudre leurs propres problèmes internes créés par eux-mêmes en premier lieu, pourront être consultés occasionnellement, mais ne seront pas directement impliqués dans les négociations, ni à l’application des résultats, sauf si les questions se rapportent aux frontières communes. Sinon, impliquer les gouvernements arabes dans les négociations préliminaires serait est une formule qui aboutirait vers l’enlisement dans une mare sans fond !
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